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Episode XV : L’électricité en Europe et en France – Histoire – Libéralisation – Coût.

Episode XV : L’électricité en Europe et en France – Histoire – Libéralisation – Coût.

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Historique

Depuis l’antiquité les hommes observent avec curiosité le pouvoir d’une résine végétale fossilisée, l’ambre jaune (élektron en grec) frottée (chauffée) qui attire (aimante) des corps légers.

Au début du XVIIème, un médecin anglais met en évidence l’électricité statique produite par l’ambre et la différencie du magnétisme.

Au milieu du XVIIIème, B Franklin prouve que la foudre est de même nature.

Un pas de géant scientifique advint ensuite par la création artificielle de ce qui fut dénommé : électricité.

En 1800, A Volta invente la pile électrique qui génère un courant continu.

Dans les décennies qui suivent, A M Ampère et M Faraday découvrent les liens entre magnétisme et électricité et seront à l’origine de l’invention des premiers moteurs et dynamos
A la fin du siècle, Th. Edison met eu point la lampe à incandescence qui révolutionne l’éclairage privé et public.

Cette époque voit deux courants ! s’affronter, le continu de Th Edison et l’alternatif de N Tesla et Westinghouse.
Pour des raisons techniques de transport, c’est le courant l’alternatif qui triomphe même si le continu trouve ses applications dans le numérique par exemple.

Dès 1920, en France les réseaux se déploient dans les villes puis dans les campagnes.
Dans l’entre-deux guerres se développe sur tout le territoire un réseau privé dont la tension et la fréquence varient d’une ville, voire d’un quartier à l’autre.

En même temps se développe l’hydro-électricité, la houille blanche, provenant des barrages construits dans nos chaînes de montagne tout autant que les premiers réseaux de transport haute tension pour acheminer l’électricité vers les populations et les centres industriels.

Devant cette anarchie, le Ministre communiste M Paul nationalise en 1946 les entreprises d’électricité et de gaz.

Tandis qu’est créé en même temps Electricité de France (EDF), un organe public industriel et commercial ayant pour mission d’unifier les fréquence (50 Hz), moderniser les structures et garantir l’accès national à cette énergie nouvelle à un tarif unique.
En 1974, le plan Messmer de construction de centrales nucléaires vise à répondre au choc pétrolier de 1973 et d’assurer l’indépendance énergétique de la France.

Une nouvelle histoire de l’électricité s’ouvre en 2000 sous l’impulsion des directives européennes avec une libéralisation du marché.
EDF devient ainsi une société anonyme dont le capital s’ouvre en 2005 en bourse avant d’être nationalisée à 100% à nouveau en 2023.


L’Europe de l’électricité

La Directive 2003/54/CE fixe un cadre général aux pays membres pour produire, transporter, distribuer et vendre l’électricité à travers des structures indépendantes les unes des autres.

  -Production
Chaque pays est laissé libre de choisir son mix énergétique (nucléaire, gaz, charbon, EnR…).

Néanmoins, un Etat peut imposer au gestionnaire de réseau par choix politique, d’appeler en priorité telle ou telle énergie ; ce que fait la France pour les EnR.

-Transport
Pour la gestion des réseaux de transport chaque pays membre est libre de choisir le privé, public ou semi public tel RTE en France, comme la fixation de son prix. 

Chaque état fixe les taxes afférentes à l’utilisation des réseaux publics d’électricité selon sa méthode de calcul.
Il s’agit en France du Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Electricité (TURPE).

  -Distribution
La distribution peut être privée ou bien publique comme Enedis en France ou laissée à des coopératives locales (Strasbourg, Metz, Bordeaux)

  -Vente 
Outre les producteurs historiques d’électricité, de nombreux acteurs (avec autorisation d’Etat) se sont précipités pour acheter de l’électricité et la revendre sachant que les tarifs sont encadrés. Et cela sans préjuger des conséquences sur la stabilité technique du réseau ni sur les prix de vente.

Le prix doit refléter le marché ou bien provenir de Tarifs Réglementés de Vente (TRV).

La France a choisi de maintenir le TRV d’EDF (tarif bleu) pour les particuliers et les petites entreprises.

En ce moment un vif débat est en cours concernant « Le paquet Réseau » : un train de mesures visant en particulier investir dans la CE, 1200 milliards d’ici 2040 pour intégrer les EnR.

A moins d’une sortie des accords européens sur l’électricité - impossible avec Macron – ou un improbable Frexit, l’adoption de ce « Paquet Réseaux » sous réserve d’amendements en cours d’étude, risque d’être voté au Parlement Européen en septembre 2026.

Les conséquences de la politique européenne de l’énergie : la coexistence d’un marché concurrentiel et de protections étatiques, aboutit pour chaque pays membre à un mix original déterminant le prix de l’électricité pour les citoyens.

Le prix de l’électricité sur le marché européen est déterminé par la centrale au gaz la plus chère, nécessaire pour satisfaire la demande.

Ce qui représente le principe du marché de l’électricité au coût marginal (merit order).

La particularité de ce marché vient du fait qu’on ne peut stocker l’électricité et qu’il faut la consommer dans l’instant de sa production ; les offres se font en fonction des coûts à court terme.
Voici le mécanisme du merit-order européen basé sur l’appel par coût croissant. On appelle les producteurs de la moins chère à la plus chère

éolien/solaire…> nucléaire…> gaz…> charbon/fuel

Imaginons une demande de 100 MWh et la production appelée soit, selon son coût, la suivante :

Eolien : coût zéro 20 MWh

Solaire : coût zéro, Q :20 MWh
Nucléaire : coût 10 €/MWh, Q : 40 MWh

Hydraulique : coût 20 €/MWh, Q : 10 MWh

Gaz : coût 100 €/MWh, Q : 10 MWh

On appelle artificiellement du moins cher au plus cher, en fait du moins décarboné (les EnR non stockables) au carboné (à honnir) que sont les 10 MWh de gaz qui constituent la centrale marginale.

Résultats
L’éolien reçoit 100 €/ MWh alors que son coût est nul (ou considéré comme tel)

Le solaire reçoit 100 €/ MWh alors que son coût est nul (ou considéré comme tel)

Le nucléaire reçoit 100 €/ MWh alors que son coût est faible (ou considéré comme tel)

Le gaz reçoit 100 €/ MWh ce qui correspond à son coût.

Tous les producteurs sont rémunérés au prix de la dernière unité nécessaire (le pay-as-clear)

Ce système de rémunération est pervers puisqu’il privilégie volontairement les EnR considérées fallacieusement à bas coût et décarbonées.

Et en plus les EnR sont largement subventionnées par nos impôts. Une double peine

L’électricité en France

Aux lois du marché européen, se superpose une architecture de régulation publique à des fins politiques.

I Lois NOME, ARENTH, VNU

A partir de 2010, la loi de la Nouvelle Organisation du Marché de l’Electricité (loi NOME) contribue à ouvrir le marché en créant l’Accès Régulé à l’Electricité Historique (ARENH).

Il contraint EDF de vendre une partie de sa production à 42 € M kWh à des fournisseurs alternatifs pour la revendre à leurs clients.

Malgré cette loi, le prix de l’électricité n’a fait que grimper et EDF s’appauvrir.

En 2026, devant cet échec patent, l’ARENH est remplacé par un nouveau système, le Versement Nucléaire Universel (VNU) visant à répartir équitablement ! les mannes du nucléaire.
Précisons que l’objectif historique imposé par la loi de Transition Ecologique de 2015 de limiter la production nucléaire à 50% du mix électrique, a été supprimé en 2023 conformément à la décision politique de renforcer le parc nucléaire.

Avec le VNU, le nucléaire n’est plus soumis à des limites de production et à des quotas de vente.
Un échec cuisant pour les anti-nucléaires, ce qui ne signifie pas que Macron donne les moyens à la filière de se développer comme il le faudrait pour faire baisser le prix de l’électricité

Les acteurs

Ils sont très nombreux, surtout pour la production et la vente.

    A La production est dominée par deux acteurs historiques :

  • EDF détenue à 100% par l’état, produit 80% de l’électricité, d’origine hydraulique et surtout nucléaire puisqu’elle est détentrice du parc national.
  • Engie (ancien GDF Suez) SA privée, cotée en bourse, produit 15% de l’électricité à partir de centrales au gaz, de l’hydraulique et des EnR avec Engie Green
  • CNR (Compagnie Nationale du Rhône) et Total Energie et autres producteurs indépendants comme Voltalia, Neoen, Akuo, Uniper, Boralex…surtout à travers les EnR.
    Sans oublier les milliers de petits producteurs (EnR, méthanisation…) dont les particuliers (0,3% de la production) sous forme d’autoconsommation solaire voire de revente du surplus…

     

   B Le transport à travers les lignes à hautes tensions (63 à 40 kV selon la destination européenne, transnationale, régionale ou locale), est assuré par le Réseau de Transport d’électricité (RTE), une société publique (EDF 51%, Caisse DD 30%, CNP assurances).
RTE assure aussi l’équilibre entre production et consommation, le raccordement entre gros producteurs et industriels et les interconnections avec les pays voisins

    C La distribution et l’acheminement 
Deux postes assurés sur 95% du territoire par Enedis (En pour Energie et Dis pour distribution), une société privée à mission de service public qui s’appelait ERDF à sa création en 1996.
Le reste revient à des Entreprises Locales de Distribution.
Le distributeur se charge de l’entretien du réseau, du raccordement des clients, de l’installation et la relève des compteurs (automatique avec Linky).

   D La vente
La vente est assurée par les producteurs eux-mêmes comme EDF, Engie, Total Energie ou d’autres producteurs et aussi par des entités, classées en quatre catégories) qui achètent sur le marché et revendent aux utilisateurs

        -Fournisseurs alternatifs indépendants qui achètent sur le marché de gros, comme Octopus Energy France.
       -Fournisseurs 100% Verts et coopératifs qui achètent à des petits producteurs de renouvelables locaux (solaire, éolien, hydraulique) : Enercoop, Eco-Quotidien / Elecocité, La Bellenergie (100 renouvelable et nationale)
       -Fournisseurs du marché professionnel et industriel : le suisse Alpiq, le néerlandais Eneco (EnR)…

       -Entreprises Locales de Distribution (ELD) à Strasbourg, Grenoble… ou en Aquitaine à travers des réseaux communaux de distribution.
Ce marché d’acteurs éparpillés bien plus vulnérables que les géants comme EDF, n’échappe pas au risque de faillites nombreuses dans ce domaine.

   E Les autorités de régulation
Ce système complexe, remodelé depuis 2010 pour satisfaire aux exigences de l’UE et aux obligations nationales, nécessite une régulation à trois niveaux à travers la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), dirigé par le ministère de l’Energie et le cas échéant de disposer d’un mécanisme de règlement des conflits : le médiateur national de l’énergie.

II Le prix de l’électricité

Pour tenter de comprendre l’architecture du prix du kWh, il faut différencier le coût aidé ou taxé et le coût brut

Coût marginal (voir supra merit-order européen)

Par idéologie l’Europe s’est fourvoyé dans un imbroglio dont le moteur central se nomme le coût marginal basé sur le dogme de la gratuité du vent et soleil autorisant - à tort comme nous le verrons - les énormes subventions des EnR.
Ainsi on aboutit une contradiction apparente entre le prix de l’électricité nucléaire la moins chère d’Europe et celui que les Français doivent payer.


  A Evaluation officielle du coût de l’électricité

Une tâche complexe répartie entre plusieurs organismes public et régulateurs :
       -La Commission de Régulation de l’Energie (CRE),
      
      -La Cour des Comptes,
 -Le Réseau de Transport de l’Electricité (RTE),

      -L’Agence de la Transition Ecologique (ADEME),
       
      -La Direction de l’Energie et du Climat (DGEC) qui finalement assure l’arbitrage politique et l’intégration de ces coûts dans la stratégie nationale.

On s’imagine bien que l’ADEME qui milite pour la TE et la Cour des Comptes comme auditeur financier, n’arrivent pas aux mêmes chiffres surtout pour l’éolien offshore.

L’état a le dernier mot.

L’état réunit tout le monde afin de trouver un consensus qui est toujours en faveur de son militantisme écologique.
N’ayant pas la possibilité d’influencer le coût de production de chaque filière, l’exécutif le fait indirectement par
   - des mécanismes d’incitation (subventions) ou de pénalisation (taxes, achat de quotas carbone),
   - des tarifs réglementés ou bien par sa seule autorité, comme le prix de rachat de l’électricité marine afin que le projet soit viable.

Tout est fait pour décourager la consommation de charbon, de gaz et de pétrole.

Comparons les prix TTC (09 2026) de l’électricité entre tous les pays de l’UE

Panorama comparatif des prix du kWh (TTC) pour les consommateurs résidentiels (sur la base des dernières données consolidées d'Eurostat)

Position

Pays

Prix moyen TTC du kWh

Situation par rapport à la moyenne

1

Irlande

~ 0,374 €

Le plus cher de l'UE

2

Allemagne

~ 0,371 € à 0,395 €

Très forte fiscalité

3

Danemark

~ 0,348 € à 0,371 €

Près de 50 % de taxes

4

Belgique

~ 0,348 €

Coûts de réseau élevés

5

Tchéquie

~ 0,338 €

Au-dessus de la moyenne

6

Italie

~ 0,327 €

Dépendante du gaz importé

7

Chypre

~ 0,324 €

Système insulaire isolé

8

Autriche

~ 0,290 €

Légèrement au-dessus de la moyenne

-

Moyenne de l'UE

~ 0,249 € à 0,289 €

Point de référence

9

Pays-Bas

~ 0,269 €

Proche de la moyenne

10

Lettonie

~ 0,254 €

Proche de la moyenne

11

Estonie

~ 0,253 €

Proche de la moyenne

12

Finlande

~ 0,246 €

Légèrement sous la moyenne

13

Espagne

~ 0,243 €

Protégée par le marché ibérique

14

Suède

~ 0,243 €

Forte part d'hydroélectricité

15

Portugal

~ 0,242 €

Sous la moyenne

16

Lituanie

~ 0,240 €

Sous la moyenne

17

Grèce

~ 0,217 €

Tarifs modérés

18

Slovénie

~ 0,217 €

Tarifs modérés

19

Pologne

~ 0,215 €

Tarifs encadrés

20

Luxembourg

~ 0,210 €

Fortes subventions de l'État

21

France

~ 0,21 €

~13 % à 20 % moins cher que la moyenne européenne

22

Norvège (Hors UE)

~ 0,199 €

Prix bas (hydroélectricité)

23

Slovaquie

~ 0,193 €

Parmi les bas tarifs

24

Roumanie

~ 0,188 €

Prix encadrés mais en hausse

25

Croatie

~ 0,150 €

Prix très bas

26

Bulgarie

~ 0,132 €

Facture globale modérée

27

Malte

~ 0,129 €

Subventions de l'État insulaire

28

Hongrie

~ 0,109 €

Le prix le moins cher de l'UE (bouclier strict)

B Le coût véritable de l’électricité
Il se calcule en incorporant celui des EnR

  - Le prix de l’intermittence avec le recours voire la construction de centrales de secours (gaz) et leur maintenance

  -Le prix du transport et de l’équilibrage du réseau : les parcs d’EnR sont diffus et éloignés des centres de consommation. L’éolien marin demande outre l’investissement démesuré pour construire la plateforme, des centaines de kilomètres de câbles sous-marins pour transporter l’électricité à l’intérieur des terres.

RTE construit « des autoroutes de l’électricité », installe des transformateurs pour gérer les différences de tension (un nuage qui passe, le vent qui tombe).

  -Le coût zéro ou négatif en période de surproduction l’été pour l’éolien et la vente à perte à l’étranger (RFA) pour désengorger les réseaux et ne pas risquer la catastrophe (Iberdola en Espagne). Et cela alors que des contrats de fourniture à prix fixe sont signés avec les marchands de vent et de soleil !
Des milliards d’euros d’investissement sont nécessaires pour récupérer l’énergie du vent ou du soleil.

L’état aide les EnR absolument pas rentables pour de nombreuses raisons (voir Episode XIII) et taxe le gaz et le charbon pour ses émissions de CO2 afin de rester fidèle à sa conception réchauffiste.

Le prix payé par les Français est de 0,21 le kWh, proche du prix moyen.

En retirant toutes les taxes (TVA, Accise sur l'électricité, CTA, TURPE) on obtient le coût de revient réel complet (fourniture + réseau),

Soit un coût de 0,11 € et 0,14 € le kWh

On peut s’étonner que le coût réel de l’électricité n’intègre pas les subventions aux EnR qui sont financées par le budget de l’Etat (ou la dette) donc indirectement payées par nos impôts.

Selon la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), les subventions publiques aux EnR en 2026 s’élèvent à 6,9 milliards (chiffre de la CRE et non tel 10 Mds souvent annoncé)

Belle pirouette de l’état puisque grâce ces subventions aux EnR, le prix de l’électricité n’est pas impacté du moins sur la facture.

Pourtant les Français s’en acquittent sur leurs impôts, soit en 2026 : 6,9 milliards /an pour 30 millions de ménages soit 345 €.

La moyenne de consommation des ménages étant de 4700 kWh, si les Français n’avaient pas à supporter cette aide aux EnR, ils économiseraient 7,3 c €/kWh

Le nouveau prix payé serait entre 0,04 € et 0,07 € le kWh

On mesure le poids que représentent les EnR sur notre facture d’électricité.

Poussons le raisonnement plus loin en considérant le coût que leur intermittence impose au réseau pilotable : les centrales nucléaires, les centrales au gaz voire au charbon pour venir au secours la nuit pour le solaire et les journées sans vent (< 10 km/h pour les éoliennes y compris les périodes avec trop de vent > 90 km/h)

Il rassemble le coût les combustibles, les réseaux supplémentaires, interconnections, stockage éventuels (batteries, STEP…), flexibilité et du coût économique (pertes) lors du surplus d’électricité qu’on doit vendre à vil prix lors de périodes de faible demande la nuit pour le solaire et les journées sans vent (< 10 km/h pour les éoliennes y compris les périodes avec trop de vent > 90 km/h), voire en période de surproduction l’été pour le solaire donner et même payer pour qu’elle soit évacuée afin de ne pas reproduire l’accident gravissime espagnol

1/ Coût du réseau : l’adaptation des lignes aux fluctuations éoliennes/solaires pèsent 0,4 à 0,6 c€/kWh

2/ Secours des centrales nucléaires et au gaz : 0,2 à 0,5 c€/kWh

3/ prix négatifs et indemnisation des producteurs EnR afin qu’ils coupent leurs engins pour qu’ils ne saturent pas le réseau, de 0,1 à 0,3 c€/kWh

Au total de 0,007 €/kWh à 0,014 €/kWh, ce qui démontrait que le coût de l’intermittence impacte peu le prix de revient. On peut en douter.

Une fourchette du coût brut ramené entre 0,033 à 0,064 €/kWh

Ne gardons de ce cheminement chaotique pour décortiquer le coût imposé au Français des EnR qu’un essai, pour une approche du coût brut du kWh.

Si donc on compare le prix du kWh sans les taxes avec ou sans la subvention annuelle de l’état de 6,9 Mds on passe de 0,14 € à 0,7 €, soit approximativement une économie de 0,7 €/kWh et un montant moyen par ménage de 345 €, ce qui a déjà été évoqué supra.

Pour l’écrire autrement les EnR doublent le prix brut (sans les taxes) de l’électricité. Merci Macron !

Voici un comparatif intéressant obtenu par l’IA après une certaine insistance pour qu’elle livre les coûts bruts comparés aux coûts aidés ou taxés.

Les chiffres sont €/MWh (milliwatts/h).

Filière

Coût de production hors mécanisme public

Intervention publique / carbone

Coût après intervention

Effet

Nucléaire historique

60,3

~0

60,3

≈ 0 %

Éolien terrestre récent

59

≈ +24 de soutien net*

≈83

+41 %

PV au sol récent

70

≈ +32 de soutien net*

≈102

+46 %

Hydraulique >1 MW

140–158

faible / variable

≈140–160

faible à variable

Gaz CCGT

≈ 65–70 hors CO₂**

≈ +25–30 CO₂

≈90–100

+40 % environ

Charbon

≈ 50–80 hors CO₂***

≈ +60–75 CO₂***

≈110–155

+75 à +120 %

 

 

 

 

 

  • Coût "hors politique publique" = coût complet de production (LCOE), avant aide EnR et avant coût du CO₂.
  • Aide EnR = différence entre la rémunération du contrat public et la valeur de l'électricité sur le marché.
  • CO₂ fossile = coût des quotas ETS, ajouté au coût de production du gaz/charbon.
  • Coût "avec politique publique" = coût intrinsèque + aide pour les EnR, ou coût intrinsèque + CO₂ pour les fossiles.

Pour approfondir le sujet lire
1/Fabien Bouglé, expert en géopolitique de l'énergie...

https://www.transitionsenergies.com/comment-reseau-eolien-infiltre-etat/#google_vignette

... relate par le menu la collusion entre politiques, hauts fonctionnaires, entreprises publiques et filière éoliennes...un système au coeur de l'état.

Il pose la question pourquoi la France, autosuffisante en électricité décarbonée, continue-telle d'investir ?

2/Remi Prud'homme, Professeur des Universités ;  Directeur-adjoint de la Direction de l’Environnement à l'OCDE, écrit un article sur le site des climato-réalistes intitulé :

Les Nations Unis sur le coût des EnR

https://www.climato-realistes.fr/les-nations-unies-sur-le-cout-de-lelectricite-renouvelable/

Extrait "Un petit nombre d’économistes ont depuis longtemps montré que cette affirmation n’était qu’à moitié vraie, c’est-à-dire complètement fausse. Elle est en effet parfois exacte lorsque l’on considère le seul coût direct de l’électricité renouvelable, celui qui est à la charge du producteur. Mais elle cesse d’être exacte lorsque l’on prend aussi en compte les coûts indirects que la production d’électricité renouvelable impose à l’ensemble du système électrique.
Un exemple simple de ces coûts indirects : l’augmentation du coût du réseau de transport de l’électricité générée par la dispersion des fermes solaires ou des éoliennes. Ces coûts indirects sont difficiles à évaluer, mais ils semblent être du même ordre de grandeur que les coûts directs. Le coût total de l’électricité renouvelable est donc environ deux fois plus élevé que le coût des autres formes d’électricité

Il réitère sa colère avec cet article publié publié sur 
 

https://www.climato-realistes.fr/electricite-renouvelables-et-hausses-des-prix/

...le sur le site des climato-réalistes. 

3/Sur le site Climat et Vérité un article rapportant une publication de la Commission de Régulation de l’Energie et de sa Présidente Emmanuelle Wargon, titrée Economie du système électrique hexagonal.

https://climatetverite.net/2026/09/12/renouvelables-intermittents-la-cre-fait-de-la-politique-et-de-la-desinformation/
Le message est de convaincre la presse affidée de relayer le discours gauchiste pour expliquer aux Français que tout ce qu’ils payent en faveur des EnR sur leur facture ou leur feuille d’impôts est « tout bénéfice ».

Cette salve d’état contre le doute sinon les critiques, à la veille des élections, tente de contenir les critiques du PPE3 passé en force par notre réchauffiste politique en chef Macron.
Et surtout de figer les contrats mirobolants de fourniture en passe d’être signés avant les élections avec les marchands de de soleil et de vent.

  C Quel avenir pour le projet ubuesque de la prédominance des EnR en France à l’horizon 2030 ?

Ou comment sortir de ce bourbier du renchérissement de l’électricité par les EnR ?          

Certaines initiatives se proposent d’appeler le pouvoir à la raison économique pour privilégier le nucléaire au dépend des EnR.

  - L’exhortation aux politiques d’Henri Pellen, ingénieur d’exploitation du parc électronucléaire d’EDF, publiée en juin 2026 sur Contrepoint et reprise par le site Climat et Vérité, 

https://climatetverite.net/2026/06/19/le-marche-libre-et-non-fausse-de-lelectricite-rien-que-le-marche-libre-et-non-fausse/

Il joint à son propos la lettre ouverte aux parlementaires sur la réforme nécessaire du marché de l’électricité

  - D’aucuns par ailleurs envisagent une saisine factuelle de l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST) sur la question du prix de l’électricité en France et plus largement, sur l’impact économique des différents choix de politique énergétique.
Cet avis serait appuyé par les membres de l’Alliance du Nucléaire.

Alors que la France, la première puissance nucléaire civile d’Europe, devrait avoir le coût de production le plus bas, elle ne se situe que dans la moyenne européenne pour satisfaire les Ecologistes favorables en majorité aux EnR.

Tous les Français, sur leur facture d’électricité, doivent participer au lourd financement des EnR pour décarboner et à la taxation éhontée du gaz et du charbon émetteurs de CO2.

Devant cette gestion politique de l’énergie en faveur des EnR, le vote de 2027 pourrait remettre en question ce projet puisqu’il va à l’encontre de la vérité scientifique relative à la saturation du CO2 et de l’intérêt financier des Français.

Le nouveau gouvernement pourra-t-il, le cas échéant, dénoncer les contrats signés par Macron avec les grands acteurs privés de l’éolien, surtout offshore ? Et rendre aux Français une électricité à bas coût grâce à son parc nucléaire

Prochain Episode XVI Enseignement Climatique

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À propos

Franck Dubourdieu

Œnologue-Consultant, critique indépendant, bloggeur

Commenter cet article

J
finalement la mécanique quantique parait très simple si on compare ! Qui a écrit "eloge de la folie" ? C'était (erasme) un visionnaire précurseur !
Répondre
O
Très difficile de tout comprendre. <br /> Sans vouloir faire de jeu de mot, la tarification de l'électricité est une véritable usine à gaz.<br /> <br /> La loi de Transition Ecologique de 2015 impliquait initialement la fermeture en 2025 (!) de 17 réacteurs nucléaires.<br /> En 2019, le calendrier a été repoussé à 2035 en portant le nombre de réacteurs à arrêter à 31, rien que ça.<br /> Ce qui n'a pas empêché les deux réacteurs de Fessenheim de passer à la trappe en 2020 avec des conséquences désastreuses.<br /> Finalement, cette trajectoire aussi stupide que suicidaire a été abandonnée en 2023, au grand désarroi des écologistes.<br /> Les mêmes qui veulent également faire rouler les gens avec des voitures à piles rechargeables... Ce qui aussi une stupidité.<br /> Rattrapé par la Patrouille, Macron n'a eu d'autres choix que de rétropédaler.<br /> <br /> Si tous les postes de l'Etat sont gérés avec la même incompétence, ce qui est fort probable, il ne faut peut-être pas s'étonner de la situation catastrophique de la France. Quand l'idéologie la plus absconse se substitue au pragmatisme, la loi de Murphy s'applique de façon impitoyable.
Répondre
D
Tout à fait d’accord avec vous. Le Mozart de la finance, non content de nous ruiner, nous a conduit sur la voie ecolo des EnR, une impasse d’une extrême gravité. Comment en sortir après sa funeste Présidence ?