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Episode XIV La Guerre des Energies. (3ème partie) : Les Métaux Critiques et Terres Rares

Episode XIV La Guerre des Energies. (3ème partie) : Les Métaux Critiques et Terres Rares

Dans l’Episode précédent nous avons fait le procès des EnR, surtout de l’éolien.

Nous en avons analysé les contraintes mais pour écourter l’épisode, nous n’avons pas évoqué la plus grosse épine fichée dans leur dos : la nécessité d'utiliser une trentaine de métaux dits « critiques » et dix-sept « terres rares », essentiels pour certaines technologies.

Ce qui en fait un nouvel Episode, assez long

Leurs propriétés physiques découlent de leur configuration électronique, leurs rayons atomiques et surtout de leurs structures cristallines spécifiques qui dictent les interactions avec d’autres éléments ou leur comportement selon certaines conditions physiques.

Autant de matériaux nécessaires à l’industrie du numérique, de nos outils journaliers jusqu’au data centers, en passant par la production d’électricité prétendument décarbonée (éolienne, photovoltaïque) et son stockage dans des batteries.

Sa promotion dispendieuse à travers l’industrie des Énergies Renouvelables (EnR), n’a d’autres fins que celle illusoire de la Neutralité carbone pour refroidir la planète. 

Ainsi trouve-t-elle de farouches oppositions en Europe et surtout en France puisque ces énergies peuvent coûter jusqu’à 6 fois le prix de l’électricité nucléaire tout en posant dans le monde des problèmes géopolitiques, environnementaux et humains
 

Métaux présents et exploitables que dans certains pays ; disponibles en quantités finies, leur extraction autant que leur raffinage  (silicium solaire), exigent des processus onéreux (énergie), très polluants (utilisation de produits chimiques), de grandes quantités d’eau et  la production de déchets, parfois radioactifs), et sont sources de conflits géopolitiques majeurs (Congo). 
 

Double peine : la dévotion de l’Europe et surtout de la France à l’illusoire transition écologique Net Zéro 2050, à l’électricité bas carbone, requiert plus qu’ailleurs, ces matériaux que nous ne produisons pas et que nous devons importer en majorité de Chine, d’Indonésie et d’Afrique et dont les prix ne cessent de grimper. 

Cette dépendance contraint finalement l’Europe à se mettre au turbin pour produire ces métaux alors que jusqu’à ce jour, elle préférait, comme pour bien d’autres industries primaires, confier ce sale boulot ailleurs dans le monde.


Métaux critiques

La demande la plus forte concerne le lithium (Li), nickel (Ni), cobalt (Co), mais aussi le cuivre (Cu), Fer (Fe), aluminium (Al), uranium (U), argent (Ag), zinc (Zn), antimoine ou stibine (Sb), niobium (Nb), manganèse (Mn), chrome (Cr), plomb (Pb), bore (B), baryte (Ba), gallium (Ga), l’indium (In), platine (Pt), tantale (Ta), germanium (Ge), l’étain (Sn), l’or (Au), graphite (C), ruthénium (Re), thorium (Th), cadmium (Cd), sélénium (Se), tellure (Te), silicium (Si).

Terres rares

Elles constituent le groupe des lanthanides du tableau périodique de Mendeleïev :  15 éléments numérotées de 57 à 71 :

Lanthane (La), cérium (Ce), prométhium (Pm), praséodyme (Pr), neodyme (Nd), samarium (Sm), europium (Eu), gadolinium (Gd), dysprosium (Dy), terbium (Tb), holmium (Ho), erbium (Er), thulium (Tm), ytterbium (Yb), lutécium (Lu) auxquels il faut ajouter le scandium (Sc) et l’yttrium (Y)

Découvertes au XVIIIème siècle, leur dispersion dans la croûte terrestre, les difficultés pour les isoler et les purifier, leur a valu la qualification de « rares ».
Même si certaines ne le sont pas, leur exploitation est laborieuse tant elles sont diluées et qu’il faut par exemple remuer 16 t de roches, pour obtenir 1 kg de cérium ou 1200 t pour 1 kg de lutécium.
Quatre d’entre elles représentent 3/4 du marché : lanthane, néodyme, dysprosium, praséodyme, présentes dans la production d’énergie renouvelable, dans l’électronique grand public comme dans les moteurs et batteries des véhicules électriques.

Ce que fut le charbon au XIXème siècle, le pétrole au siècle suivant, certains métaux  (lithium, nickel, cobalt) autant sinon plus que les terres rares, sont au XXIème siècle, les piliers de la troisième révolution industrielle.

Dans La Guerre des Métaux Rares Ed. Les liens qui Libèrent (2023) 

le journaliste Guillaume Pitron journaliste français, auteur, réalisateur, spécialiste de de la géopolitique des matières première, écrit dans 
« Au cours des trente prochaines années, nous aurons besoin de plus de minerais que l’humanité n’a pu en extraire en soixante-dix mille ans »

Successivement nous allons exposer ce qu’exige en ces substances stratégiques, la fabrication des éoliennes, panneaux solaires, batteries, voitures électriques, tablettes et téléphones portables, comme des nombreux matériels de la bureautique (ordinateurs) ou de la domotique (TV, appareils ménagers…) et enfin des gigantesques data centers dévolus à l’IA.

 

I Les Energies Renouvelables

A Les éoliennes 

Outre les matériaux nécessaires à la construction (acier, béton, fibres de verre, résine époxy, balsa…) déclinés dans l’épisode précédent, les éoliennes requièrent des terres rares pour les aimants ainsi que des métaux : cuivre et aluminium pour le réseau de conduction. 

Les terres les plus efficaces, néodyme, praséodyme, dysprosium, sont alliées à du fer et du bore. 

La formule la plus courante Néodyme/Fer/Bore (NdFeB), offre la capacité magnétique la plus élevée.  

Quand une éolienne est lancée, il se produit une induction magnétique dans le champ de l’aimant de la turbine pour produire de l’électricité.

Les besoins en terres rares ont baissé au fur et à mesure de l’évolution technologique des éoliennes. 
Réservées à l’éolien en mer pour réduire les coûts, améliorer le rendement et la durée de vie, tant on sait que cette énergie marine s’avère onéreuse, elles ne composent plus aujourd’hui qu’une part très faible des éoliennes terrestres.

Les terres rares représentent la face cachée des EnR et la filière n’a de cesse de vouloir s’en départir.

Le Danemark, expert en la matière, a conçu des générateurs à aimants permanents à multiplicateurs de vitesse réduisant considérablement leur usage jusqu’à 90%. 

La recherche de supra conducteurs pour produire un champ magnétique (cuprates, ferrite) va bon train. 
Aux USA, on explore 
des systèmes sans aimants permanents, « asynchrones ou synchrones à excitation bobinée » sans terres rares, à base de ferrite.     

     -Le laboratoire de physique et chimie des nano-objets (LCPNO) française, Magn’Up, développe des aimants par un procédé breveté de magnétophorèse à base de nanoparticules de cobalt et nickel sur un substrat de silicium, sans terres rares et recyclable. Un projet qui pourrait révolutionner outre l’éolien, des secteurs stratégiques comme la défense, l’électronique en général.


    - Le laboratoire Sticc à Brest a obtenu un aimant permanent sans terres rares par un procédé de chimie douce à base d’hexaferrite (goethite) et de nitrures dont l’exploitation industrielle est envisagée.

Concernant la fabrication, l’assemblage et la construction, l’Europe est autonome à 60% grâce au danois Vestas et aux allemands Siemens et Enercon.
 

B Les panneaux solaires 

Ils sont constitués à 90% ou silicium (Si) extrait de la silice (SiO2) contenu dans le quartz ou dans le sable.

Présente dans tous les types de roches (sédimentaires, métamorphiques, magmatiques), la silice est l’élément le plus répandu sur la Terre puisqu’elle représente 30% de la croûte terrestre.
Cette facilité pour trouver de la silice n’enlève en rien au long processus complexe pour obtenir le silicium solaire nécessaire à la fabrication des cellules solaires.

Fabrication et fonctionnement
Une réduction carbothermique de la silice (SiO2) est réalisée dans des fours à 2000°C pour extraire l’oxygène en produisant du CO2 ! et obtenir le silicium dit métallurgique qu’il faut purifier par la voie chimique (chlore) et produire le silicium de grade solaire. Ce silicium solaire polycristallin est fondu et solidifié en lingots.
On y ajoute des produits dopants (phosphore, bore) pour améliorer la conductivité.  
Au cours de cette étape on peut procéder à l’obtention du silicium solaire monocristallin (procédé CZ), un seul cristal étiré en forme de lingot cylindrique à partir d’un cristal-souche.

Dans les deux cas, on découpe puis abrase ensuite le silicium en tranches de 250 micromètres avec une scie pour obtenir des plaquettes (wafers) capables d’absorber les photons et les transformer en électrons. 
La proportion de silicium est d’environ 2 g /W. On fabrique ensuite un cadre en aluminium, les cellules sont enveloppées de plastique et le tout protégé par une plaque de verre ; les connexions au réseau se font avec du cuivre ou de l’argent

La technologie de la fabrication des cellules ne cesse de progresser pour les rendre plus efficace. On calcule leur rendement en faisant le rapport entre l’énergie solaire reçue et l’électricité produite, évaluée en moyenne entre 18% et 25% selon différents critères ; le reste étant perdu en chaleur.

Le rendement dépend de 

    -l’ensoleillement : nombre d’heures dans l’année variable selon la situation géographique entre 800 et 1400 kWh),  

   -la température extérieure et donc de celle des panneaux (au-dessus de 25°C chaque degré supplémentaire baisse le rendement de 0,5%),  

   -l’orientation (idéale au Sud),

  -l’inclinaison (30° est idéal) des panneaux.

En traversant la cellule les photons arrachent des électrons au silicium pour générer le courant électrique continu qui est converti par un onduleur avant d’être injecter dans le réseau.

A part les technologies à couche mince qui demandent gallium (Ga), sélénium (Se), tellure (Te), cadmium (Cd), indium (In), l’industrie du solaire est de moins en moins concernée par des terres rares ou des métaux critiques.  
Elle tend à remplacer l’argent (Ag) utilisé dans les contacts électriques par un métal moins rare comme le cuivre (Cu).

La Chine, comme par hasard, s’est arrogée les 70% de la production mondiale.

L’avenir du photovoltaïque se concentre sur des techniques nouvelles basées sur des miroirs qui concentrent l’énergie solaire sur de petites cellules à haut rendement et des semi-conducteurs organiques ou en silicone (polymère inorganique). 
D’une durée de vie plus courte, leur rendement serait bien meilleur.

C Critique des EnR

Elodie Mésséant, journaliste à Contrepoint livre un article éloquent sur le coût considérable des EnR

« Soutien aux EnR ou comment le contribuable se fait plumer » 

https://contrepoints.org/soutien-aux-energies-renouvelables-ou-comment-le-contribuable-se-fait-plumer/

Au nom de la neutralité carbone, elle démontre comment cette énergie au prix garanti, est souvent vendu à un prix bien au-dessous de son prix de revient (parfois exorbitant pour l’éolien marin) voire négatif ; le fournisseur doit en effet payer pour évacuer sa production en excès !
Une énergie qui parfois l’objet de fraudes aux subventions, une énergie qui ruine notre pays.
La cour des comptes a fait un rapport de 110 pages peu désobligeant mais qui ne cache pas son désarroi vis-à-vis du coût de cette énergie  

https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2026-03/20260318-Soutien-energies-renouvelables-a-travers-charges-service-public-energie_0.pdf

Un lecteur qui se nommant Albatros, commente l’article
«Merci Madame Messéant pour cet éclairage trop rare de la scandaleuse gabegie des  renouvelables  et de l’idéologie qui la sous-tend.
On peut ajouter que cet état de fait résulte de la contamination de la totalité de l’administration en charge de l’énergie par la gangrène écologiste :
des ministres militants (de Hulot à l’actuelle) ; une agence métastasée de haut en bas par le pire militantisme écologiste (l’Ademe de Jean-Louis Bal au président actuel Waserman en passant par le syndicaliste CFDT écolo Léchevin, a recyclé nombre de militants écologistes et décroissantistes qui sévissent toujours) ; un « docteur en pollution de l’air », macroniste, antinucléaire, JL Fugit qui préside le Conseil Supérieur de l’Energie

En passant par le réseau « Le lierre » qui étend son influence dans l’administration de notre pays, faisant passer les convictions militantes de tous ces fonctionnaires écologistes avant leur devoir de promouvoir les intérêts du pays et des citoyens qui les financent
Et surtout, poser la question, comment extirper l’idéologie écologiste morbide des organes de décision de notre pays ?».

II Les batteries

Les batteries sont des accumulateurs d’électricité.

La création du courant électrique repose sur une réaction d’oxydo-réduction avec le déplacement cyclique et réversible d’ions à travers un électrolyte, ce qui autorise sa recharge.

Les batteries historiques à électrodes de plomb, immergées dans l’acide sulfurique, qui persistent ne sont pas assez efficaces et leur poids autant que leur encombrement, sont incompatibles avec les équipements modernes.

Les batteries Lithium/Fer/Phosphate (LFP) et Nickel/Manganese/Cobalt (NMC), sont les deux technologies les plus performantes sur le marché grâce à leur durée de vie et des taux de charge élevés.

Les terres rares n’entrent qu’en faibles quantités dans la composition des batteries alors que les métaux critiques (cobalt, lithium) sont plus problématiques.

https://www.connaissancedesenergies.org/batteries-technologies-europe


III Les voitures électriques

Historique
Guillaume Pitron
sur la base d’un rapport de l’ADEME dénonce l’ElectricGate en réaction au DieselGate.

https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/electricgate-la-voiture-electrique-est-elle-vraiment-un-leurre-energetique-51391/
 

Extrait « Contrairement aux idées reçues, la production de voitures électriques n’est pas un sujet nouveau. La première voiture ayant roulé à 100 km/h en 1899, la « Jamais contente », était électrique. À cette époque, les voitures électriques étaient populaires pour leur simplicité d'utilisation et leur absence de vibrations et de bruits par rapport aux véhicules à vapeur ou à combustion interne.

Cependant, l'essor des véhicules électriques fut freiné par l'innovation de Henri Ford qui, peu après 1910, commença à produire à grande échelle sa Ford T. Cette voiture, qui permettait d’atteindre 70 km/h et ne coûtait que 550 $, était beaucoup plus abordable que les voitures électriques, qui coûtaient quatre fois plus cher.

Pendant un siècle, les voitures électriques n’ont jamais réussi à combler leur retard par rapport aux voitures thermiques pour offrir une autonomie suffisante à un prix raisonnable. Les voitures thermiques ont dominé le marché grâce à des coûts de production plus bas, une autonomie supérieure, et un réseau de ravitaillement en carburant bien établi.

Fonctionnement
Les développements prometteurs des batteries au cours des dix dernières années, notamment avec l'amélioration des batteries lithium-ion, ont stimulé le développement de la voiture électrique dans un contexte inventé de changement climatique anthropique et de pollution atmosphérique urbaine.

Les politiques gouvernementales, les incitations financières et une prise de conscience environnementale accrue, devraient également jouer un rôle crucial dans la résurgence des véhicules électriques, dans le but de faire de cette technologie une partie intégrante de la transition énergétique mondiale.

La voiture électrique est une double consommatrice de ces matériaux à travers son rotor à aimants et sa batterie XXL.

La totalité des voitures électriques fonctionnent grâce aux terres rares et en particulier : dysprosium (Dy) praséodyme (Pr), néodyme (Nd) associés au fer et au bore.
Les aimants permanents affichent des performances telles que les constructeurs refusent à tout prix de s’en passer. 

Le courant électrique crée un champ qui fait tourner le rotor lequel entraînera les roues. Le principe physique inverse de celui intervenant dans l’éolienne.

Représentent-elles un progrès ? 
Ceux qui les conduisent ne savent pas ou bien ne veulent pas savoir comment sont fabriquées les batteries (entre 600 kg et 1000 kg). 

Les défenseurs de la voiture électrique arguent qu’elle protège la santé de ceux qui les utilisent et qu’elles ne produisent pas de CO2.
Ils font semblant d’oublier que le CO2 est inoffensif vis à vis du RC mais que si ce n’était pas le cas - ce que pensent idéologiquement les Réchauffistes - l’extraction, le raffinage et le formatage des terres rares et métaux critiques, dépendant des énergies fossiles, en produisent des quantités inconnues mais non négligeables de CO2.

https://environnementdurable.org/fed-et-vent-de-colere-adressent-une-mise-en-demeure-a-lademe/

Et en plus, on met en danger la santé voire la vie de ceux, si ce ne sont des enfants, qui les produisent dans les mines en Afrique et en Inde (voir supra).

"Ceux qui produisent les véhicules électriques ne sont pas ceux qui en jouissent !"

Guillaume Pitron (cité supra) écrit que si l’on raisonne au niveau de l’intégralité du cycle de vie, en intégrant l’énergie nécessaire à la construction des voitures, alors l’avantage de la voiture électrique deviendrait nul. 
Il l'affirme sur la base d’un rapport de l’ADEME, dénonçant un « ElectricGate », manifestement en réaction face au « DieselGate ».

IV Data Centers ou centres de données.

La révolution technologique de l’information associée au développement exponentiel de l’IA, impose des structures importantes, les centres de données. On distingue :

    - les datas centers : centres physiques qui hébergent des serveurs, stockent et traitent des données. Petits, moyens ou grands, propriété privée, colocation ou bien gérés par un tiers.
Ils sont proposés par les géants du numérique comme Amazon avec AmazonWeb Services ou Microsoft avec Azure.

   - les datas hyperscale (grande taille) sont des installations gigantesques (jusqu’à 100 ha), construites et exploitées dans le monde par les géants du numérique Google (Alphabet), Appel, Facebook (Méta), Amazon, Microsoft (GAFAM).
E
n 2026 ils investiront plus de 500 Mds €, quatre fois plus qu’en 2023. 

Ces usines à stocker et à diffuser (vendre) de l'information, assurent en particulier, le calcul, le stockage des données, les applications du cloud et de l’IA.
Automatisation poussée, efficacité énergétique, rapidité, ces datas ont la capacité d’évoluer en fonction de la demande avec un nombre massif de réseaux et de serveurs.

La répartition des centres de données dans le monde, démontre en 2025 la domination sans partage des États Unis qui comptent plus de 30% des 5000 centres mondiaux. 
Ce qui est le reflet de l’histoire du numérique inventé par ce pays pour des besoins militaires puis qui fut autorisé à partir de 1983 à se déployer dans le civil mais réservé seulement aux milieux scientifiques, universitaires et institutionnels. 
Avec la création en 1990 du World Wide Web puis l’apparition des liens hypertextes, des pages web et des navigateurs, l’Internet se popularise dans le grand public à l’échelle mondiale

Avec 300 centres, la France est à égalité avec la Chine, étonnamment larguée sur ce sujet.

Ces structures sont de grandes consommatrices de terres et métaux critiques fort peu écologiques au cours de leur production, d’électricité (climatisation) et de grandes quantités d’eau. 

Le pire pour un Ecolo-Rechauffiste convaincu, est l’émission considérable de CO2 à tous les niveaux de l’aménagement et du fonctionnement des data centers.
Ce que dénonce notre « Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de presse » (Arcep), un autre machin dont il faudra s’affranchir après 2027.

La révélation au grand public de ces centres de données, met en France le feu aux poudres (écologiques) des militants.

Le journal Sud-Ouest, grand parangon Rechauffiste, titre un éditorial « Les data centers le nouveau fardeau écologique » !

Le salto arrière de Macron
Notre Président, inconditionnel soutien des EnR avec son nouvel engagement (PPE3) pour décarboner la France, fait un salto arrière pour aller dans le sens de l’histoire et décide de financer cette nouvelle industrie de l’information pourtant grande émettrice de CO2. 

En 2025, il octroie 100 milliards et entraîne sa future destination l’Europe à octroyer 200 milliards pour leur développement.

Sous quelle forme ? Aides à des partenariats public/privé ? Effet d’annonce ou réalité ?

Comment ne pas se résoudre à ne pas investir dans ce domaine stratégique quitte à abonder notre dette abyssale, afin de ne pas rater le virage technologique du futur.

Il ne reste qu’aux militants du RC anthropique, une fois encore, de pleurer sur le triste destin du monde de plus en plus carboné à cause des énergies fossiles dont il dépend à 86% en y incluant les datas centers et leur vertigineuse ascension.

IV Les objets connectés.

Qu’il s’agisse de smartphones, de biens mobiliers domestiques (ampoule LED, électroménager, télévision, climatisation/chauffage, télésurveillance, télévision…) dénommés « domotique », des moteurs électriques commandant la tête de lecture des disques durs des ordinateurs, de  l’industrie automobile, aéronautique, des outils industriels, du matériel militaire …la demande en terres et métaux critiques comme en supraconducteurs qui en sont équipés, ne feront que croître.

La France disposerait de 250 millions d’objets connectés (public, privé) et on lui en promet 10 milliards en 2050 !

https://www.connaissancedesenergies.org/tribune-erwann-fangeat-criticite-metaux-numerique

V Production des terres et métaux critiques

A La Chine en Maître 

Elle règne en maître incontestable selon le propos de Deng Xiaoping en 1992,
«le Moyen Orient a le pétrole, la Chine les terres rare». 

Depuis bientôt 40 ans, elle tire parti de ses réserves dans deux gisements au Sud du pays autour de Ganzhou (Zudong, Datian et Xiawentian) et au Nord en Mongolie intérieure (Bayan Obo) pour dominer le marché.

Ainsi contrôle-t-elle 60% de l’extraction mondiale des terres rares et de 85% à 95% de leur raffinage, dont en majesté la trilogie Néodyme-Fer-Bore qui compose les aimants permanents des véhicules électriques, des éoliennes, l’électronique et l’armement. 

Et par la même produit 40% des puces (marché dominé par Taïwan !) présentes dans l’électroménager, l’automobile et l’industrie… comme elle domine le marché de l’éolien : 70% des pales et nacelles, 60% des tours.


Développement des EnR tout autant que les centrales à charbon
Comment dans ce contexte de leader mondial de fournitures pour les EnR, la Chine ne devait-elle pas se résoudre à les développer ? 
Si en effet, elle s’exclut du Protocole de Kyoto en 1997, elle s’empresse de rallier l’Accord de Paris en 2015.

Aux avantages géopolitiques pour ses exportations et pour son image internationale dans le domaine des énergies, elle y ajoute des raisons de réduire localement les émissions de polluants atmosphériques, voire de CO2, compensant ainsi l’ouverture forcenée et pour le cas complémentaire, de centrales au charbon.


Le marché du carbone
Dans ce contexte de normalisation Rechauffiste, elle a aussi adhéré mais à minima, au marché carbone en créant en 2021 un Système d’Echange de Quotas d’Emissions (SEQE) mais à sa mesure ; à savoir applicable pour l’instant aux émissions liées à la production d’électricité …qui dépend à 50% du charbon !

https://www.connaissancedesenergies.org/sites/connaissancedesenergies.org/files/pdf-actualites/241023_ADEME_Cartographie_Metaux.pdf

L’extraction est une chose assumée par de nombreux pays, mais le raffinage, souvent pour obtenir une pureté à 100%, en est une autre.

La Chine en championne du secteur a le monopole de l’extraction pour certains éléments mais en plus, importe du minerai brut pour le raffiner et le revendre. 
Elle finit donc dans certains cas à contrôler totalement la filière.

Les pays européens jusqu’à ce jour, comme dans d’autres secteurs primaires de l’économie, préféraient confier aux autres le sale boulot. 

B Comment l’Europe et la France se rebellent

L’Europe et la France ont l’ambition tardive de ne plus dépendre de la Chine et de recourir à des « projets multilatéraux » pour extraire, raffiner et transformer.

À ce jour la France ne dispose d’aucun gisement de terres rares et l’Europe, à part quelques sites en Suède et au Groenland, n’est pas mieux lotie. La dépendance à la Chine est quasi totale.

Pour échapper à ce monopole l’Europe par le « Règlement sur les matières critiques » adopté par le Parlement en 2024 et du
Plan RESourceEU annoncé en 2025, prétendent lancer des mines d’extraction.

L’Europe a présenté une liste de 47 projets pour développer cette industrie stratégique sur son sol.

Treize états membres et sept sites en France, sont concernés par cette initiative qui touche l’extraction (25), transformation (22), recyclage (2) avec une aide européenne de 23 Mds. 

Dans la foulée la France bonne élève, en l’occurrence pour notre bien, s’est dotée de deux nouveaux « machins » : 
La Délégation Interministérielle aux Minerais et Métaux et un
L'Observatoire des Ressources Minérales Industrielles.

Rappelons que la plupart des mines en Europe ont fermé autour de 2000 et que leur réouverture va se heurter du moins en France au droit minier qui prend en compte la protection des écosystèmes et des populations. 

Les objectifs pour la France sont de répondre à la demande d’ici 2030 pour 10% de l’extraction, 40% du raffinage et 25% du recyclage.

    - Le CEA de Grenoble associé au géant de l’uranium Orano, allient leurs forces pour fabriquer et recycler les aimants permanents.

     - La société Carester et son usine Caremag dans les Pyrénées Atlantiques, ont investi 200 M € et reçu 100 M € de soutien public autant qu’un large crédit d’impôt « industrie verte ». Avec la production de 500 t/ an de dysprosium, 100 t/an de terbium et 800 t de néodyme et praséodyme, cette usine prétend couvrir une partie des besoins européens destinés à la fabrication des aimants permanents.

      - Le site de Solvay à La Rochelle, leader mondial belge de la fabrication des matériels à base de terres rares, reçoit 30 M d’aides publiques.
Il pourrait couvrir d’ici 2030, 30% des besoins européens en oxyde de Néodyme et Praséodyme. 
Mais les industriels fabriquant ne se pressent pas pour l’heure de signer des contrats.

      - Le projet de mine de lithium ÉMILI (Extraction de Mica Lithinifére) par la société Imerys à Echassières dans l’Allier qui se propose à partir de 2028, d’extraire 35000 tonnes de lithium sur 50 ans (700000 batteries /an) suscitent de nombreuses oppositions.

      -Le projet de raffinerie de métaux pour batteries de voitures électriques – investissement 500 M € - annoncé pour 2028 en Gironde, entre Parempuyre et Blanquefort, près de bordeaux, par l’entreprise Emme (Electro Mobility Materials Europe), serait à même de fournir chaque année 20000 tonnes de nickel et 3000 tonnes de cobalt. Et de recycler les batteries usagées.

VI Recyclage des terres et métaux critiques.

Les taux de récupération des terres et métaux critiques varient selon la source (aimants, batteries…), le type de minerais et les procédés utilisés.

Jusqu’à ce jour le défaut d’ingénierie en la matière, les rendements - 2 M de smartphones donneraient à peine les terres nécessaires à une éolienne - parfois faibles et surtout le dumping de la Chine, interdisaient de se lancer dans la course. 

Moins de 1% des terres rares seraient recyclées dans le monde.

VII Les problèmes environnementaux de l’extraction, du raffinage et du recyclage

Extraire, raffiner puis de démanteler tous les « objets » qui possèdent des terres et métaux critiques nécessaires à la transition énergétique et à la révolution numérique, est un sujet qui fâche !

Les mines à ciel ouvert (nickel en Nouvelle Calédonie ou en Indonésie) ou en galeries souterraines (or, argent, cuivre…), entraînent une pollution de l’air, de l’eau, de la terre, et qui de plus dégrade la biodiversité végétale et animale.      

    - L’air chargé de poussières de métaux, de particules fines, vapeurs chimiques dont SO2, liés au concassage, au traitement chimique et au transport      

    - L’eau utilisée polluent les sols qui se chargent de métaux lourds (plomb, cadmium, mercure…) et d’un cocktail de produits chimiques (acides, cyanures, solvants…) pour le raffinage, certains étant des Polluants Organiques Persistants (POP).

Ce qui contamine les nappes souterraines.

Les exemples sont légion.
Citons la pollution en 2014 de la mine de Nickel de Goro en Nouvelle Calédonie, par une fuite de 100 000 litres d’eau contaminée hautement toxique.

Des milliers de poissons meurent.
La colère gronde chez les Kanacks qui vandalisent les proximités de la mine et son matériel.


Cerise sur le gâteau des matériaux critiques, leur extraction, leur raffinage, demandent la consommation d’énergie fossile donc la production de son avatar (CO2) honni des Réchauffistes.

VIII Le danger pour la santé des travailleurs et des populations voisines

Les travailleurs des mines, souvent des enfants  (Congo…), parfois sans protection réglementaires (mines sauvages), mettent en péril leur santé. 

Les terres ou métaux stratégiques les plus dangereux, ne sont pas les plus rares mais ceux qui combinent toxicité intrinsèque, exposition aux poussières, aux eaux contaminées et parfois la présence d’éléments radioactifs (uranium).

Par ordre décroissant de dangerosité lié au métal lui-même auquel s’ajoute bien sûr la grandeur et le nombre de sites exploités : plomb, mercure, thorium/uranium, cadmium, cobalt, nickel, lithium…

Les terres rares présentent un danger modéré à moyen selon le type et le contexte mais les trois éléments les plus convoités Néodyme, Praséodyme, Dysprosium, ont présentent eu égard leur « industrie », une toxicité bien moindre que les métaux suscités.
Ce sont plutôt les boues chargées de solvants, qui ont une forte toxicité.

Les travailleurs des mines comme les populations proches, présentent des concentrations sanguines et urinaires de métaux lourds susceptibles de déclencher des maladies.

Les pathologies dont on observe une fréquence bien plus élevée que la normale, sont nombreuses : asthme, poumon dur, fibrose et cancers pulmonaires, leucémies, cardiomyopathies, atteintes neurologiques ; troubles du développement de l’enfant avec baisse du QI, infertilité ; atteinte rénale…

Le chercheur sur l’esclavage moderne, Siddharth Kara, professeur à Harvard, dans son opus  


Cobalt Red Ed. Griffin (2024), non traduit,

…révèle, à travers les témoignages de congolais, ce que provoque l’approvisionnement mondial en cobalt (70%) pour fabriquer smartphones, tablettes, ordinateurs portables, véhicules électriques…, une catastrophe environnementale et humanitaire

Il montre que l’air pollué par les poussières, provoque des maladies respiratoires (cancers…) et que les taux de cobalt dans les urines sont jusqu’à 10 fois supérieurs à la normale : 3 µg/l.
Une cobaltémie (taux sanguin) élevée expose à des effets systémiques sanguins, cardiaques, thyroïdiens

Les relents coloniaux de la quête des terres et métaux critiques

Citons un passage éloquent d'un article de Courrier International N° 1812 juillet/août 2025, titré

« Il faut mettre un terme au Colonialisme Vert »

« Aux yeux des habitants, ces prédations n'ont rien de propre...Elles ont des relents coloniaux nauséabonds. On s'approprie les terres et les ressources du Sud pour bâtir un avenir écologique dans les pays du Nord.
Quand l'Europe s'empresse de décarboner son économie, ce sont les pays du Sud qui paient le prix de leur Transition Ecologique ».
« Les profits de ces extractions ne ruissellent pas dans les pays considérés mais dans les comptes offshores et dans la machinerie politique ».
« Ces pays ne doivent pas devenir une zone sacrifiée aux intérêts de Tesla, de Pékin ou de Macron ».
« Le drame, ce n'est pas seulement la destruction des terres, des eaux, des peuples : c'est qu'on nous la vend comme un progrès, alors que les politiciens bradent ces pays aux puissances étrangères » 


Guillaume Pitron, journaliste français, déjà cité supra pour son opus,

La Guerre des Métaux Rares, Ed. Les Liens qui Libèrent (2018)

…écrit que

 « La croissance propre pourrait paradoxalement entraîner un impact écologique plus lourd encore que l'exploitation pétrolière ».

Les écologistes voient en effet dans cette ruée vers les métaux et terres rares nécessaires aux mutations technologiques, comme à la mythique transition écologique, des effets dévastateurs pour la nature et l’homme.

Ne faut-il pas pour une fois, leur donner raison… même si leur rêve est de s’affranchir des énergies fossiles et donc de promouvoir les EnR voraces en ces éléments ?

En forme de conclusion

S’agissant du progrès, ce que fut le charbon au XIXème, comme le pétrole au XXème, les métaux critiques et les terres rares, le sont au XXIème, la révolution technologique de l'information et de l'IA. 

Les effets délétères de la production de ces « matériaux » stratégiques, ne sont-ils pas à mettre en balance avec l’avènement quasiment révolutionnaire des nouvelles technologies

En dehors des très critiquables EnR, comment ne pas constater les progrès à tous niveaux de la vie de chacun comme de l’ensemble des activités humaines ?

Prochain Episode XV La Guerre des Energies au sein de l'UE et en France (4ème partie) Coût de l'électricité en France.

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À propos

Franck Dubourdieu

Œnologue-Consultant, critique indépendant, bloggeur

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