9 Avril 2026
La Guerre des Energies au sein de l'UE et en France (1ère partie)
Cet Episode développe la création de l’Europe de l’Energie. Cette construction oppose d’un côté les tenants du nucléaire (plutôt à droite) et de l’autre ceux des EnR qui pour les plus radicaux influencés par les Verts allemands et les centaines d’ONG, rêvent de se passer du nucléaire (plutôt à gauche).
Cette guerre a une longue histoire qui débute lors de la création de l'Europe sous les auspices d'Euratum et va s'intensifier avec la lutte contre les émissions carbonées et finalement se politiser partout en Europe, surtout en Allemagne et en France.
- Fabien Bouglé, expert en politique énergétique, sera notre guide tout au long de cet Episode ; il nous ouvre les yeux sur les réalités de la géopolitique de l'énergie avec ses trois opus
La Guerre de l'Energie - Au cœur du nouveau conflit mondial Ed. Du Rocher (2023)
Nucléaire - Les vérités cachées Ed Du Rocher (2021),
Eoliennes - La face noire de la transition écologique Ed Du Rocher (2019 puis 2024 édition augmentée).
Dans son opus de 2023, il explique comment l'Energiewende, le projet de transition de l’Allemagne vers une économie à faible émission, antinucléaire et pro EnR, a infiltré les institutions européennes et françaises, concernant la question énergétique.
Extraits
« L'Allemagne a littéralement infiltré les institutions européennes liées à l'énergie ...: Parlement, Commission Européenne, Conseil de l'Europe... préemptées par des acteurs allemands pour favoriser le modèle d'Energiewende au détriment du modèle nucléaire français ».
« A l'échelle française, l'Allemagne a installé au sein même de l'Ecologie française, une officine de promotion du modèle d'Energiewende, intitulée Office Franco-Allemand de la Transition Ecologique (OFATE).
Ses bureaux sont à la Défense dans les locaux et à la même adresse que la Direction Générale de l'Energie et du Climat (DGEC) ! c'est à dire la direction chargée au sein du Ministère de l'Ecologie de la politique énergétique de la France et des choix concernant la production d'électricité.
Le lobby éolien allemand, porté par Greenpeace et WWF, est installé au cœur du pouvoir énergétique français ».
- André Bercoff de Sud Radio, comme d'autres journalistes courageux, dénonce le mythe ruineux et totalement inefficace, de la transition écologique vers le Net Zéro CO2.
Dans cette vidéo, il interviewe Fabien Bouglé, spécialiste des Energies
https://www.youtube.com/watch?v=gzrSQMYkWQM
L'auteur fustige l'Agence de l'Environnement et de la Maitrise de l'Energie (ADEM) qui reçoit 4 Mds € /an de l'Etat dont 3 Mds pour les ONG qui défendent l'éolien, le photovoltaïque, la voiture électrique... et le contrôle de la pensée sur le Climat, sans parler des myriades d'ONG qui s'évertuent à faire baisser les émissions de CO2 afin de sauver la planète.
- Samuel Furfari, ingénieur, Dr en Sciences Appliquées, 36 ans à la direction de l'Energie à l'UE, enseignant la géopolitique de l'Energie, écrit un opus très éclairant :
Energie, Mensonges d'Etat. La restructuration organisée de la compétitivité de l'UE Ed. L'Artilleur (2024)
Sous l'influence des ONG écologistes, l'UE a décidé d'éliminer les énergies fossiles d'ici 2050, d'interdire les voitures thermiques neuves d'ici 2035, de promouvoir l'hydrogène et de priver le nucléaire de toutes subventions.
Le coût élevé de notre énergie est la conséquence directe de ces décisions politiques et idéologiques prises par les dirigeants européens.
- Remy Prud'homme, spécialiste des énergies, publie sur le site de l'Association des Climato-réalistes, un article du 02 2026 concernant la continuité du Plan Pluriannuel de l'Energie (PPE3) que Macron avait mis en stand bail, surtout concernant le financement de EnR.
https://www.climato-realistes.fr/de-quoi-le-ppe-de-m-lecornu-est-il-le-nom/
L’auteur écrit que « ce plan relève de la bureaucratie, de la décarbonation, du rêve, et de l'appauvrissement ».
1/ La création de L'Europe et la montée du nucléaire en France
Aux origines
A l'origine de l'Union Européenne, rappelons la signature en 1957 du traité Euratom, le même jour que celui créant l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AEIA) et la Communauté Economique Européenne devenue en 1993 l'Union Européenne (13 pays) par l'entremise du traité de Maastricht.
Le projet européen répond aux objectifs économiques et militaires définis par Robert Schuman.
Au début, l'ambition mondiale pour le nucléaire, va se trouver ralentie par le faible coût des énergies fossiles. La crise pétrolière du Golfe de 1973 rebat les cartes et redonne espoir dans cette industrie considérée d'avenir pour certains visionnaires.
Le plan Messmer dont le but est de s'affranchir des énergies carbonées, aboutit à la construction de 56 réacteurs, à eau pressurisée en majorité.
Dès les années 60, les antinucléaires motivés par de nobles causes (accidents, prolifération dont les déchets, terrorisme) commencent à se faire entendre à la fois dans l'opinion publique et dans les instances politiques.
Le premier accident nucléaire aux USA en 1979 de Three Mile Island, renforce le mouvement d'opposition.
Puis celui de Tchernobyl en 1986 avec 500000 contaminés et de nombreux morts, constitue un frein au développent des centrales nucléaires dans le monde.
A la suite de quoi l'Autriche, la Suède et l'Italie votent par référendum un arrêt des centrales nucléaires existantes.
La France par l'entremise de François Hollande qui veut s'attirer les voix de Ecologistes-Les Verts, décide en 1998 de fermer Super Phoenix et en 2020 la plus vieille centrale française décidée par de Gaulle, Fessenheim.
L'accident de la centrale de Fukushima en 2011, la fusion de ses trois réacteurs, accélère le mouvement antinucléaire dans certains pays comme l'Allemagne qui décide de fermer ses centrales..
Le règne difficile et courageux de Proglio
Henri Proglio, grand capitaine d'industrie, patron d'EDF de 2009 à 2014, participe à son corps défendant, aux tergiversations parfois délétères de la politique énergétique française.
Il s'exprime en 2022 à l'Assemblée nationale concernant la souveraineté et l'indépendance énergétique de la France.
https://www.youtube.com/watch?v=D3T0bAsUBXE
Ce grand capitaine d’industrie ne pratique pas la langue de bois, son témoignage est effarant. Il explique par le menu comment l’Etat français principal actionnaire d’EDF, arc-bouté sur l’Accord de Paris, a poussé ce fleuron industriel à la destruction ; et de conserve, pratiquer des prix de l’électricité plus élevés qu’ils ne devraient être normalement (voir prochain Episode).
Il rappelle qu’au début du XXIème, EDF est exportateur d’électricité et a le prix européen le plus bas ; deux fois et demi moins cher qu’en Allemagne.
L'après Proglio et le retour en grâce du Nucléaire français
Les grands artisans de la gabegie énergétique au détriment des Français, sont avant tout Hollande (2012 – 2017) et Fabius.
Pour avoir les mains libres, ils débarquent Henri Proglio et nomment un autre capitaine d’industrie le polytechnicien JB Levy, sûrement plus à même d’accepter ce qui va suivre.
Ennemis du nucléaire, ces politiques de gauche sont trop heureux de signer en 2015 l’Accord de Paris en se couchant devant le diktat allemand imposé fidèlement par l’UE. Et de faire adopter dans la foulée une loi qui limite à 50% la part du nucléaire dans le mix électrique.
Hollande annonce la fermeture de la centrale de Fessenheim, la plus ancienne centrale nucléaire de France, mise à l’arrêt définitif en 2020.
La survenue d’E Macron (2017 – présent) est marqué par ses atermoiements vis à vis de l'industrie nucléaire française.
Il achève le boulot de Hollande, démantèle totalement Fessenheim qui nous aura coûté aux français 10 Mds plus 600 M de rénovation ; alors que sa soeur aux US est en service jusqu’en 2045.
Quand on n’aime pas, on ne compte pas ! surtout pour plaire aux Ecologistes-les Verts et affirmer ainsi leur collusion, leur soumission, à Mme von der Leyen.
Entre parenthèses : Tout cela dans le dos de la majorité des Français qui en 2005, a voté (55%) contre l’Europe !
En 2021, Macron, révélant son caractère erratique (en même temps), annonce en fanfare un programme de construction de 14 nouveaux petits réacteurs à eau pressurisée (EPR) pour un budget de 1 Md €
- Six réacteurs sur plusieurs sites : Penly en Normandie, puis Gravelines et Bugey.
- Une étude préalable pour huit réacteurs supplémentaires (quatre paires de deux), notamment à Flamanville.
A savoir que ces projets doivent être validés par l’Autorité de la Sureté Nucléaire de Radioprotection (ANSR)
Notre Président justifie ses investissements, non pour fournir aux Français une électricité à bas coût mais pour atteindre la Neutralité carbone en 2050 !
Ce en quoi, il dit qu’il faut développer ainsi les EnR.
Néanmoins, malgré ces freins ou ces ratés de parcours, le parc nucléaire français reste l’un des plus importants au monde, avec 19 centrales et 58 réacteurs en fonctionnement en 2023. Sachant que plusieurs d’entre eux sont fermés pour maintenance ou pour démantèlement en vertu de leur âge et leur état
On peut au moins se féliciter d’être des champions dans ce domaine, ce qui n’est pas le cas dans beaucoup d’autres (voir infra).
Autre bonne nouvelle, en 2023 l’Assemblée nationale a abrogé l’objectif de réduire la production de l’électricité nucléaire en dessous de 50%. Les Ecologistes antinucléaires se sont étouffés.
Nucléaire, l’Europe se rebiffe
Les accidents nucléaires déplorables cités plus haut, n'ont pas découragé de nombreux pays européens, ni la Chine, la Russie, les EU... de recourir à l'énergie nucléaire.
Par le fait que la mémoire de ces accidents s'estompe, que cette énergie est décarbonée (10% du mix mondial), avec un bon rendement (un amortissement assez court : 20 ans), toujours disponible à la différence des EnR et ne produit pas de particules fines, elle devient à nouveau politiquement correcte.
La CE s'est cru obligée de rappeler que Euratum participe de son fondement initial en développant l'énergie nucléaire pour le bien des populations alors qu'elle faisait l'inverse depuis des décennies.
Dans la foulée en 2025, 16 pays européens, France, Grande Bretagne, Belgique, Bulgarie, Croatie, Estonie, Slovénie, Slovaquie, Finlande, Hongrie, Pays Bas, Tchéquie, Pologne, Roumanie, Suède et Italie en observateur, annoncent constituer une alliance nucléaire : Alliance Euratum.
Il s'agit de réduire leur dépendance aux énergies fossiles, d'assurer leur souveraineté énergétique et surtout de s'opposer à l'Allemagne dans sa vassalisation aux lobbies renouvelables.
Cette résolution de la France pour l'énergie nucléaire est une riposte officielle à la guerre insidieuse que fait l'Allemagne et les autres pays de l'UE (12 dont Espagne, Portugal, Danemark) opposés à l'Alliance Euratom et donc contre le nucléaire français.
Cette Alliance obtient un succès notable avec l'inclusion du nucléaire et du gaz dans la taxonomie européenne par un vote au Parlement en 2022.
Citée par Samuel Furfari, la Belgique, libérée de la gauche, a compris que le nucléaire est une solution indispensable pour garantir une énergie stable et peu onéreuse.
La guerre du nucléaire fait rage !
2/ Energiewende : le combat des politiques et des ONG contre le nucléaire et pour les EnR
Déjà forte d'une électricité renouvelable autour de 30%, l'Allemagne affirme en référence à l’accident de Fukushima, son projet d'une électricité 100% renouvelable en 2050.
Selon Samuel Furfari, l'Allemagne s'enfonce dans le déni tout en maintenant l'objectif irréalisable de Neutralité carbone en 2045.
Elle prévoit de compenser ses émissions en achetant des crédits carbones à l'étranger, où il est plus facile de réduire ses émissions.
Face à la montée en puissance du nucléaire en France, l'Alliance Energiewende (Transition Energétique) portée par la coalition gouvernementale (dont les Verts : die Grünen), arrête ses trois derniers réacteurs en 2022 et dynamise l'éolien, le solaire tout autant que ses centrales au charbon et au lignite pour faire face à l'intermittence des EnR !
Ce qui conduit à produire trois plus de CO2 que la France !
Chef de file incontesté européen, l'Allemagne, avec la collusion auprès de l'UE d'une myriade d'ONG, entre en guerre contre le nucléaire et spécialement contre le choix français.
Le Green Deal (pacte vert) et tout spécialement les 10 plus grandes ONG du Green 10 comme les 50 du Réseau Action Climat (voir Episode X), vont influencer l'UE à coup de normes pour la neutralité carbone en 2050 et particulièrement pour le développement des EnR (Voir Episode suivant).
Ce combat est soutenu politiquement par les partis frères français : Europe Ecologie les Verts devenu Les Ecologistes et allemand : Alliance 90/Les Verts (Bundnis 90/die Grünen) dont la Fondation Heinrich-Böl qui finance les Verts de 35 pays pour infléchir la politique énergétique vers les EnR et, s'il en est, la sortie du nucléaire.
Il s'est tramé « une véritable porosité entre militance écologique et action politique ».
Précisons que les premières ONG antinucléaires ont été financées par l'industrie pétrolière (RO Anderson).
Parmi les 600 ONG recensées par l'ONU militant pour le climat et le développement durable, certaines aux accents antinucléaires prononcés, ont mené sous contrôle allemand, un combat en Europe et surtout en France pour nuire à EDF :
-Greenpeace 1 Md de don en 2020,
-WWF qui ne s'occupe pas que de pandas et dont le documentaire Pacte avec le Panda révèle que l'ONG défend la manière durable en administrant des labels verts à des safaris, à une certaine pêche ou à des agro-industriels du soja et de l'huile de palme. Sans parler de son engagement auprès de Gazprom pour contrer le nucléaire français. Son panda s'égare dans des sentiers qui frôlent la compromission !
-Les Amis de la Terre dont Brice Lalonde, fervent soutien du premier homme politique écologiste français, René Dumont,
-Climate Action Network (1600 ONG)
-France Nature Environnement,
-Sortir du Nucléaire...
Les trois premières recevant le soutien financier historique de la Fondation Rockefeller
Face aux oppositions dans nombre de pays contre cette politique suicidaire de l'énergie, comme peut-être le chant du cygne, l'Europe en rajoute une couche avec la mise en place en 2022, d'un plan REPowerEU, pour réduire la dépendance de l’Europe aux énergies fossiles : refuser le gaz russe, économiser l'énergie (plan de sobriété !) et favoriser les énergies propres.
La Banque Européenne pour l’Investissement (BEI) libère 45 Mds pour assurer la TE !
Ces Organisations Non Gouvernementales pilotées par l'Allemagne, assurent ainsi une ingérence idéologique intolérable, antidémocratique qui peut même s'autoriser des actions illégales d'intrusion voire de destruction matérielle dans les centrales françaises. Un véritable terrorisme économique.
En réalité, ces ONG sont de vraies multinationales qui ont un pouvoir salutaire quand il s'agit de freiner la déforestation, la pollution de la terre et des mers ou bien la chasse ou la pêche incontrôlées.
A contrario, leur notoriété ainsi acquise, les autorise de pouvoir défendre même devant les tribunaux, d'autres causes, beaucoup moins recevables comme la transition écologique forcenée, l'écologie la plus radicale ou bien une farouche position antinucléaire.
EDF n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de la tentative des pouvoirs de gauche de désosser notre économie sous les coups de boutoir anticapitalistes de l’Europe.
Si EDF y a réchappé, constatons que la France ne produit plus l’essentiel de ses besoins sidérurgiques (acier), de son pétrole (1), ses plastiques, ses engrais, son textile, sa viande…ni même ses éoliennes et ses panneaux solaires, les jouets ruineux des écologistes qui viennent de Chine.
En 2014, la Direction Générale du Trésor note une baisse significative dans les investissements Recherche et Développement
Selon le cabinet Trendeo (Observation de l'emploi et l'investissement), la France privilégiant le tertiaire et soumise au libre-échange, a perdu 1000 usines > 10 salariés entre 2009 et 2013 et 150000 emplois industriels entre 2012 et 2017 sous la présidence de Hollande.
Si Macron a accompagné le mouvement désindustrialisation lancé par son mentor, il prétend en fin de règne, inverser la tendance en "accélérant l'aboutissement de 150 cathédrales industrielles" selon le mode gagnant/gagnant de Notre-Dame et des JO, dont il a la prétention de s'attribuer le succès "industriels".
En fin de règne avec une popularité en chute libre, il ose dire aux Français "il faut que j'aille à la mine" ! On pourrait lui répondre : tu as bonne mine !
D'aucuns plutôt à gauche parlent d'une inéluctable désindustrialisation ...pour le climat alors que d'autres plutôt à droite, croient à la réindustrialisation de la France.
Le funambule Macron fut adepte successivement des deux mouvements.
Il nous reste l'aérospatiale, l'industrie pharmaceutique (Biogaran), la mode, la culture, la technologie numérique (?), le tourisme... la gastronomie, le Vin et les Alcools pour nous faire oublier le naufrage !
Dépouillée de ses richesses depuis 50 ans, la France doit réagir, se replier, se retirer au maximum de l’étreinte de Bruxelles.
Episode XII La Guerre des Energies au sein de l'UE et en France (2ème partie) Les Energies Renouvelables
Œnologue-Consultant, critique indépendant, bloggeur
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