17 Mars 2026
Accession au Net Zéro de la France et de l'UE (1ère partie)
La France ne lésine pas dans son projet de Transition Ecologique (TE) pour accéder à terme à la Neutralité Carbone ou Net Zéro ; en utilisant deux outils :
- la Taxe Carbone (facultatif pour tous les pays de l'UE)
- le Système d’Echange de Quotas d’Emission (SEQE).
Bilan Carbone ou Empreinte Carbone
Avant de taxer, il faut évaluer.
L'empreinte carbone de la France est constituée par les émissions liées à la combustion des énergies fossiles : transport (routier, aérien), chauffage, production de biens (industrie, bâtiment…) et services.
https://www.insee.fr/fr/statistiques/8654458
Il faut y ajouter pour environ 50% ou plus ! les émissions des biens importés pour consommation directe ou pour alimenter la production de biens et services. Un chiffre en résonance avec la désindustrialisation de notre pays.
L'Europe et la France s'affichent à l'avant-garde du combat climatique mondial pour faire chuter les émissions de CO2.
L'ardeur de la première, par l'entremise de la Commission Européenne pour édicter un ensemble de mesures juridiques contraignantes (normes, directives, règlements…), ne peut qu'encourager la seconde à devenir exemplaire.
De nombreuses organisations, associations, fondations, entreprises, travaillent pour le climat dans le monde, en Europe et en France, en retirant de sérieux subsides de leurs précieux conseils. Sans oublier que ce sont nos impôts qui financent.
En 2010, l'Agence Environnementale et la Maitrise de l'Energie (ADEME) bénéficie d'un budget de 4 Mds/an dont 3 Mds pour les projets résilients de la Transition Ecologique (TE) portés par Quotas Climat.
Elle se voit confier la responsabilité de décarboner nos activités à travers l'Association Bas Carbone (ABC) qui regroupe plus de 1000 prestataires capables d'intervenir dans tous les secteurs économiques...pour atteindre l'objectif de l'Accord de Paris
https://abc-transitionbascarbone.fr/les-acteurs/annuaire-des-adherents/?sf_paged=26
En France, le code de l’environnement rend obligatoire un bilan carbone tous les trois ans pour les services de l’Etat, les collectivités territoriales de plus de 50000 ha et les entreprises de plus de 500 salariés. Une manne pour ces praticiens du Zéro carbone.
La feuille de route de l'UE, de la France : le Pacte Vert ou Green Deal
L’Europe
L'UE des 27, signataires en 1994 de la Convention Cadre des Nations Unis sur les Changements Climatiques (CCNUCC), s'engage à respecter le protocole de Kyoto et l'Accord de Paris ; de mettre tout en œuvre pour combattre le RC Anthropique (RCA) en luttant contre les émissions dont principalement le CO2.
En 2019, l'UE établit la feuille de route environnementale de la Transition Ecologique voire Energétique (TE) à travers le Green Deal ou Pacte Vert. Un ensemble de mesures pour engager l'Europe à baisser ses émissions et créer une énergie, voire une économie, entièrement renouvelable à l'horizon 2050.
Son coût pour l’Europe, exorbitant, se situe à plus de 1000 Mds (milliards)/an.
Afin de s'accorder avec l'Europe, les démocrates de Joe Biden créent le New Green Deal qui n'a d'autres objectifs que ceux du Green Deal Européen.
A cette époque, à la veille des élections européennes, afin que la Commission Européenne (CE) puisse répondre plus efficacement à l'Accord de Paris, est créé le Green 10.
Un rassemblement des 10 ONG les plus actives à vocation européenne ou internationale :
Bankwatch Network,
Birlife Int.,
Climate Action Network (CAN),
Européan Environment Bureau (EEB),
Fiends of the Earth Europe,
Greenpeace, Health and Environment Alliance (HEAL),
Amis de la Terre,
Transport Environment,
World Life Foundation (WWF).
Ces organisations sont en partie soutenues pour le financement de leurs projets et leurs actions par la Direction Générale de l’Environnement (DEA) de la CE.
Elles ont un poids considérable, grâce à un lobbying Vert soutenu en termes d'expertise environnementale auprès des décideurs politiques.
L'écolo-réchauffisme ne pouvant triompher dans les urnes, l'Europe privilégie cette voie intergouvernementale, non démocratique, pour mettre en place une politique publique et en particulier la dictature des normes.
Le droit européen, intergouvernemental, non démocratique - 160 000 pages - s'est emparé du droit des pays membres.
Cet asservissement législatif explique pourquoi les anglais ont fui l'Europe (Brexit)
Ces ONG ne sont que le haut du panier, car il en existe des centaines d'autres dont celles répertoriées par Réseau Action Climat : 3 internationales, 27 nationales et de nombreux collectifs 10 locales.
https://reseauactionclimat.org/association/associations-membres/
Comme si tout cela ne suffisait pas, en 2021 afin que l'Europe réponde aux injonctions du GIEC, la CE et le Parlement Européen, décident, l'adoption de 13 mesures (5 directives et 8 règlements) dénommés fit for 55. Il s'agit d'accélérer la décarbonation d'ici 2030 en baissant les émissions de 55% par rapport à 1990. Ce qui a force de Loi.
Ce paquet législatif européen touche tous les secteurs productifs de l'économie : industrie, bâtiment (obligation des constructions neuves de répondre à des normes de Diagnostic de Performance Énergétique DPE, abandon des chaudières au fioul...), automobile (disparition en 2035 des moteurs à énergie fossile), aviation et transport maritime (accroissement des carburants durables), agriculture, forêt (plantation de 3 Mds d'arbres d'ici 2030), sols, production d'électricité renouvelable (>40% d'ici 2030, 100% à l'horizon 2050 ! ) ...
De plus, il révise la directive des EnR, la taxation du carbone et renforce le Système d'Echange de Quotas d'Emissions en réduisant l'allocation de quotas gratuits.
La France
La France n'est pas en reste. Sa Stratégie sur l'Energie et le Climat (SFEC) vise le projet de décarbonation. Elle s'appuie sur la Trajectoire de Réchauffement de référence pour l'Adaptation au Changement Climatique (TRACC) ; en conformité au consensus (?) autoproclamé par le GIEC quant au RCA envisagé si on ne fait rien : + 2°C d'ici 2030, + 4°C d'ici 2100.
Ce qui commande de mettre en place tous les possibles pour réduire le carbo-centrisme et les effets délétères des activités humaines.
- La Stratégie Bas Carbone (SNBC) introduite par la loi sur la Transition Ecologique (TE) pour la croissance verte qui donne la feuille de route à plusieurs horizons 2024/2028 et 2029/2033 relative à tous les investissements dans tous les secteurs de l'économie et oriente le mode de vie des Français (habitat, déplacement, consommation...).
A l'horizon 2030, 500000 emplois sont à la clé.
Les sommes allouées : subventions/prêts, public/privé sont considérables : 40 Mds en 2027
- Le Programme Pluriannuel de l'Energie (PPE), défini aussi par la loi, trace l'avenir des orientations pour 2019/2028 quant à la sécurité d'approvisionnement énergétique, son efficacité tout en réduisant le recours aux énergies fossiles et en stimulant la croissance du parc des EnR.
- Le Plan National d'Adaptation au Changement Climatique 3 (PNACC 3).
La Ministre de la Transition Ecologique, s'autorise à revoir à la hausse les projections du RCA à l'horizon 2100 et va renforcer ce plan par 52 mesures et 200 actions pour modifier profondément le mode de vie des Français et protéger les infrastructures des risques naturels.
. Accélérer la décarbonation des activités les plus polluantes (CO2) : l'industrie (20% émissions), le transport (30%), l'agriculture (20%)
. Le logement avec MaprimRénov et les Certificats d'Economie d'Energie (CEE) proposés par tous les fournisseurs d'énergie (électricité, gaz, fioul...) pour rénover les chaudières à bois, cumulables avec la précédente aide mais aussi avec l'Eco-prêt à taux Zéro. Les bailleurs (sociaux et autres) doivent éliminer les bâtiments ayant un mauvais DPE : E, F, G d'ici 2034.
. Renforcer à 300 M € le Fonds de Prévention des Risques Naturels Majeurs (FPRNM), dit fonds Barnier, pour prendre toutes les mesures de prévention et de protection contre les risques naturels, en direction des PME, des collectivités et des particuliers.
Elle demande en outre des financements supplémentaires pour répondre aux risques naturels
.L'approvisionnement en eau,
.La prévention du retrait-gonflement des argiles qui fissurent les bâtiments
.Le recul côtier (20%sur 5000 km),
.La lutte contre les inondations (313 entre fin 2023 et début 2024),
.La submersion marine (1,5 M ha sont concernés),
.L'élévation du niveau de la mer (20cm/1900),
.L'augmentation des vagues de chaleur, 9 depuis 2010
.La baisse de la biodiversité : 2300 espèces sont menacées, sur 12500 évaluées.
L'histoire nous dira si le futur budget en gestation - doux euphémisme - répondra à cette volonté écolo-réchauffiste.
Le nucléaire
Une bonne nouvelle, par rapport aux deux précédents PPE : la nouvelle planification, la PPE3, ne prévoit plus la fermeture des réacteurs nucléaires existants en accord ou peut-être par obligation, avec le revirement de Macron favorable la construction de 14 nouveaux EPR.
On peut associer d'autres stratégies comme :
- Stratégie Nationale pour la Biodiversité (SNBC),
- Stratégie Nationale pour l'Alimentation la Nutrition et le Climat (SNANC) pour une alimentation durable : baisser consommation de viande et protéger la biodiversité. Les Ministères de l'Agriculture, de la Santé et Environnement sont concernés.
- Stratégie Nationale pour l'Hydrogène Décarbonée qui convoque les Ministères Industrie, Energie, TE, Transport
Toutes ces stratégies sont accompagnées par France Nation Verte (FNV), lancée en 2022 avec l'assentiment du Secretariat Général de la Planification Ecologique (SGPE). Le mouvement pour la TE s'articule autour de cette bannière collective
- Stratégie d'extraction du carbone de l'atmosphère.
Outre de favoriser les puits naturels (forêts, végétalisation...), ce que toutes les stratégies précédemment évoquées, promeuvent, il faut avoir recours au captage, au stockage et à la réutilisation du carbone. Ce qui constitue pour certains une nouvelle filière industrielle très lucrative.
Lors de la COP 28 en 2023 à Dubaï, le sultan al-Jaber a fait du captage et du stockage géologique (CSC), une priorité, comme le font le GIEC et Clément Beaune, le Président du Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan.
Nothern Lights, le projet norvégien prévoit de stocker 80 Mds tonnes de CO2 dans les fonds marins. E Macron, en visite en juin 2025 auprès des autorités compétentes norvégiennes, en compagnie d'E Lombard son Ministre de l'Economie, a signé un protocole d'accord commercial (?) pour exporter et stocker du CO2 français dans la mer du Nord.
Quel retour sur investissement est-il prévu ?
Un vœu pieu écolo qui peut nous coûter cher !
Bionergy and Carbone Capture and Storage (BECCS) sont des techniques pour capter les molécules de CO2 (dans les fumées de combustion ou dans l'air ambiant), les transporter et les injecter dans le sous-sol ou en mer.
Equatic (Californie), Deep Sky (Canada), en électrolysant l'eau salée, transforment le CO2 en carbonate et bicarbonate de Calcium, renvoyés dans les océans enrichir sa séquestration pour des millénaires.
Ebb Carbon (Californie) a choisi l'électrodialyse pour capter le CO2.
Captura (Californie) le fait à proximité d'usines de dessalement pour profiter de saumure à bas coût.
Des usines pourraient revaloriser le CO2 pour le transformer en produits finis : méthane, carburants de synthèse, engrais, plastiques... ce qui demande beaucoup d'énergie
Selon Knowable, les EU ont alloué 3 Mds à des projets de captage en 2023, l'Europe 1,5 Mds et le monde 20 Mds pour 700 projets et 45 installations ce qui pourrait réduire les émissions mondiales de 0,14% !
Ces techniques innovantes vont inévitablement se heurter aux écologistes, défenseur des écosystèmes si fragiles disent-ils et surtout leur totale inefficacité vis à vis de la cause principale de la croissance du CO2 dans l'atmosphère : le réchauffement naturel des océans !
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Œnologue-Consultant, critique indépendant, bloggeur
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