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Episode IX - Neutralité Carbone - Les Emissions

Episode IX - Neutralité Carbone - Les Emissions

Neutralité carbone - Les Emissions

Depuis 1988, le GIEC, bras armé de l'ONU, a réuni les instances environnementales de 195 pays pour instiller au bon peuple un discours alarmiste sur l'avenir de notre planète si on ne lutte pas contre les émissions anthropiques de CO2 (et autres GES).
Le terme Neutralité Carbone (NC) a été enfanté en 2005  par le Programme des Nations Unis pour l’Environnement  (PNUE) et repris  à partir de 2018 par le GIEC pour sa mise en application.

Ce projet s'accompagne de la Transition Énergétique (TE) vers des solutions décarbonées (vent, soleil, hydraulique, nucléaire, géothermie..) pour stopper la croissance des GES, donc de la température mondiale et atténuer les phénomènes climatiques extrêmes.
Le protocole de Kyoto puis  l'Accord de Paris de 2015, fixent la feuille de route pour  imposer coûte que coûte, la baisse de 30% des émissions mondiales d'ici 2030 et de 50% d'ici 2100, pour limiter la hausse de température à 1°5 C par rapport à 1850, début de l'ère industrielle.
La Transition Énergétique à travers la modification de nos sources d'énergie, est le moyen d'après le GIEC, d'atteindre à terme un état d’équilibre entre les émissions et leur retrait de l’atmosphère (puits naturels : forêts, sol et océans ou bien capture et stockage), cette mythique neutralité carbone, dénommée aussi Zéro Emission Nette  (ZEN) soit Zéro Net ou Net Zéro.

    Les Emissions

Sujet complexe car les émissions dépendent du mode de calcul et de la méthodologie employée. Selon que l'on considère exclusivement les émissions de CO2  (cas du GIEC qui considère son rôle à 80% dans le RC anthropique) ou bien que l'on prend en compte l’ensemble des GES (CO2, méthane, oxyde d’azote, ozone, CFC…) ramenés à un équivalent CO2.
Depuis la loi du Grenelle de l'Environnement II de 2010, la France est soumise à évaluer annuellement son empreinte carbone liée à ses émissions des GES (transport, industrie, ménages, agriculture ...), auxquelles il faut ajouter celles issues des produits importés et retrancher celles des produits exportés.

Cette mesure déclarative obligatoire peut être corroborée par des critères indirects comme le nombre habitants/km2, le PIB/ha... Ces évaluations varient selon les sources et présentent un degré d'incertitude amplifié par la prise en compte ou pas de la déforestation dans certains pays, des feux de forêts, des fuites d'hydrocarbures...

Selon le GIEC et en référence au paragraphe sur l'Introduction à la Science atmosphérique livrée dans l'Episode II, le flux entrant annuel d'équivalent Carbone (1 Gt - 1 milliard de tonnes - CO2 = 0,273 Gt C) dans l'atmosphère (biosphère, évaporation des océans, émissions anthropiques...) est de 229 Gt C dont 12 Gt C d'émissions anthropiques.
Le flux sortant annuel (photosynthèse, dissolution océanique..) est de 222 Gt C.
Selon cet organisme sous traitant de l’ONU, les émissions anthropiques mondiales de C dans l'atmosphère, s'enrichit annuellement de 7 Gt C, soit 19 Gt de CO2.

Ce surplus de CO2 proviendrait des émissions anthropiques ? 
Citons au passage qu'il représente trop peu pour prétendre avoir un effet sur le climat, si tant est qu'on oublierait ou nierait que le CO2 est saturé, donc inefficace vis à vis du RC. 

Ce Bilan des Emissions de GES (BEGES) s'adresse aussi aux entreprises au-dessus de 500 salariés, tous les 4 ans

https://climateseed.com/fr/blog/bilan-carbone-qui-est-soumis-%C3%A0-la-reglementation 

       1. Répartition des émissions de gaz à effet de serre dans le monde et selon les pays.

Les sources sont nombreuses et très variables, on retiendra celles publiées sur ce site européen en équivalent CO2 pour tous les GES.

https://www.touteleurope.eu/environnement/union-europeenne-chine-etats-unis-qui-emet-le-plus-de-gaz-a-effet-de-serre/

En 2024 les émissions mondiales ont augmenté de 1,3% par rapport à 2023, selon la base de données européennes EDGAR.

Parts de chaque pays en 2024 :

Chine 31%, Etats-Unis 11%, Inde 8 %, Union Européenne 6%, Russie 5%, Brésil 2%, Indonésie 2%, Japon 1,97%, Iran 1,88%, Arabie saoudite 1,52%, Canada 1,41%, Mexique 1,34%, Corée du sud 1,23%, Turquie 1,14%, Australie 1,08%, France 0,75%, Autres 23,40%.
   
       2. Sources d'émissions mondiales de CO2

La baisse des émissions de l'Europe en 2024 n'équivaut même pas à la croissance des émissions chinoises  (+ 5%), sans parler de l'Inde (+ 5% ), de l'Indonésie (+6%) et des EU avec le gaz de schiste. Cette baisse est d'ailleurs toute relative, puisqu'elle ne tient pas toujours pas compte des émissions importées - le quart des émissions planétaires - des pays émergents. 
La France (et l'Europe), bonne élève du Green Deal, connaît la double peine de devoir payer pour sa production de CO2 mais aussi pour celle des pays dont elle exporte des biens

Les EnR même si elles progressent surtout en UE par l'entremise de dépenses considérables (5000 Mds de dollars dépensés dans le monde au cours des 20 dernières années) dont de larges subventions des Etats sur le dos des contribuables, représentent moins de 10% de la consommation totale d'énergie mondiale ; leur croissance dans le monde ne compenserait même pas celle des énergies fossiles de la Chine !

Au cours de la dernière décennie, la consommation des énergies fossiles a cru 7 fois plus vite que celle des EnR. Et la consommation de charbon a cru de 10% dans cette même période

Le charbon, à l'inverse de ce que l'Agence Internationale de l'Energie a déclaré en 2020,  est l'objet d'une demande croissante dans le monde. "L'humanité consomme deux fois plus de charbon qu'en 2000".

Un article élogieux L'économie mondiale reste accro au charbon, publié dans le Financial Times, témoigne de l'utilisation accrue de l'or noir.

Quatre grands pays sont les champions de la progression des émissions mondiales de CO2 à cause d'une utilisation croissante des énergies carbonées, en particulier le charbon, dénommé dans ces pays Diamant Noir et Energie du Diable par les écolo-réchauffistes, le gaz et le pétrole.

https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/charbon

La Chine, premier producteur de charbon et émetteur mondial de CO2 avec 31% des émissions mondiales, exploite 5000 mines dont 1200 à grande échelle et ouvre 2 centrales au charbon par semaine ! La progression de l'électricité carbonée chinoise est loin d'être compensée, comme presque partout dans le monde, par celle issue des EnR.

Les Etats Unis, ont baissé leurs émissions de 12% en 2023, en réduisant la consommation de charbon au profit du gaz de schiste et des EnR.

L'Inde, second producteur mondial de charbon et 3ème émetteur mondial de CO2  avec 8%, dispose de 500 mines (dont 300 pour Coal India). Devant la demande accrue d'énergie, elle rouvre ses anciennes mines abandonnées pour faire face à une progression de demande d'énergie de (+7%/an). Les 3/4 de l'électricité proviennent du charbon malgré les milliards engloutis dans les EnR. La production  de charbon va doubler d'ici 2040.

L'UE produit 6% des émissions et s'honore de les baisser.
Cependant la baisse des émissions de l'Europe en 2024 n'équivaut même pas à la croissance des émissions chinoises, sans parler de l'Inde, de l'Indonésie et des EU avec le gaz de schiste. 


La Russie produit 5% des émissions mondiales provenant exclusivement d'énergies fossiles

L'Indonésie 3ème producteur mondial de charbon, 6ème émetteur mondial de CO2 avec 2,5%, possède 1000 de mines de charbon sur ses 17000 îles !

La France, avec 0,75%, bonne élève de l'UE, démontre au monde comment il faut faire pour baisser son PIB, tout particulièrement en baissant ses émissions.

                                                                       


Bien d'autres pays émergents en Amérique du Sud ou ailleurs, ont la même ambition de disposer d'une énergie abondante, abordable fiable et donc consacrent un intérêt tout particulier à produire ou à importer du charbon.

        3. Emissions sectorielles dues à la combustion d'énergies fossiles en 2022 (en %) (impossible de trouver un chiffrage comparatif plus récent)
                            Monde      UE    France
Prod. e- et chaleur       39         31        13

Transport                   21         31        43
Industrie                    16         14        14
Bâtiments                    8         15        18
Prod. Energie hors e-     4           6          5


Grâce à son nucléaire la France est la bonne élève pour produire de l'électricité décarbonée par contre le secteur du transport, majoritairement routier, est un fort émetteur.

       4. Consommation mondiale d'énergie dans le monde

Comme nous l'indiquons plus loin, selon le Statistical Review of Energy, le mix de la consommation totale d'énergie dans le monde en 2024, provient à 86,6% des énergies fossiles.

https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/production-denergie-dans-le-monde

Ce qui explique la croissance généralisée des émissions dans le monde...sauf certains pays d'Europe dont la France en majesté.

En 2024, selon le Global Energy Review, évoqué par le site Connaissances des Energies, la consommation mondiale d'énergie a augmenté de 2,2% par rapport à 2023.

- Electricité +4%, moteur de la hausse d'énergie,
- Gaz +3%,
- Pétrole et charbon 
+1% pour le pétrole et le charbon.

Une croissance
 tirée par les pays émergents 

https://www.connaissancedesenergies.org/lere-de-lelectricite-arrive-souligne-laie-dans-son-grand-rapport-annuel

       5. Consommation mondiale d'électricité dans le monde

L'augmentation mondiale de demande d'électricité relative à l'électrification des transports, à la croissance du data (données sur Internet), de l'IA, de la climatisation, participe indirectement à l'augmentation des émissions.
Puisque la production carbonée d'électricité est supérieure à la production décarbonée.

https://www.connaissancedesenergies.org/laie-fait-le-point-sur-les-progres-vers-une-ere-de-lelectricite

En 2025, la production d'électricité mondiale provient majoritairement des énergies fossiles (56%)
 
  
- Charbon 35%
  - Gaz naturel 21%
  - Nucléaire 9 %
  - EnR 33% 

La triste conclusion pour les écolo-réchauffistes, est que le CO2 anthropique ne cessera jamais de croitre. Un peu partout dans le monde, à part l'Europe et la France, on regarde la réalité en face.
Si la part de l'humanité vivant au-dessous du seuil de pauvreté, veut avoir une chance de progrès, il lui faut  d'abord disposer d'une électricité abondante et abordable. Ce n'est pas avec les EnR, même si on doit les considérer, que l'on sortira une partie du monde de la précarité.

En conclusion de cet Episode, à l'inverse de ce qui est contraint au niveau européen, la majorité des pays dans le monde, affichent une croissance de leurs émissions. Afin de répondre à celle de leur population et de leur PIB.

Seule l'Europe se préoccupe d'oeuvrer pour le Climat par obligation liée au Green Deal, en baissant ses émissions, ce qu'elle fait insensiblement.
Il n'a pas été possible de trouver sur Internet les chiffres de baisse par pays européens.
Ceux de la France annoncés en fanfare, passés de 1% à 0,75% des émissions mondiales, démontrent au monde comment il faut faire pour chasser ses entreprises industrielles de l'hexagone, voire faire stagner son PIB ! 

A venir Episode X - Neutralité Carbone - Accession au Net Zéro.

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À propos

Franck Dubourdieu

Œnologue-Consultant, critique indépendant, bloggeur

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G
Excellent article. Merci pour ce travail !
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